Du conte voltairien au Comte de Monte-Cristo, les classiques de Florian Rey

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« C’est Voltaire, avec Candide ou l’Optimisme, qui m’a permis de comprendre le poids des cultures, l’importance du progrès, mais il m’a surtout permis de comprendre qu’il est parfois bon d’avoir un œil nouveau à ses côtés pour changer ses normes. »

« Quoi que puisse dire Aristote, et toute la Philosophie, il n’est rien d’égal au Tabac, c’est la passion des honnêtes gens ; et qui vit sans Tabac, n’est pas digne de vivre ; »[1] C’est parce que Florian Rey est passionné de cigares et qu’il souhaitait en faire découvrir l’univers qu’il fonde, en 2013, le Cigar Social Club. Ce club ouvert à tous, qu’ils soient simples curieux, novices ou amateurs éclairés, permet de se retrouver plusieurs fois par an, d’échanger et de consolider son réseau tout en s’initiant, si on le souhaite, à l’univers du cigare. Près de trois ans après sa création, le Cigar Social Club ne connaît pas la crise. A l’occasion du Summer Camp organisé ce soir, son fondateur, Florian Rey, revient sur ses classiques. Il y est bien évidemment question d’Alexandre Dumas…

Florian, quel lecteur es-tu, et notamment quel lecteur de classiques es-tu ou as-tu été ?

La lecture est un moment de rencontre avec son imagination. Ces moments arrivent malheureusement trop rarement. Je parviens à trouver le temps de lire principalement l’été, sur la plage, moment idéal pour s’évader et aller au bout d’un livre. Très sensible aux nouvelles technologies, je préfère encore le format papier traditionnel, mais promis, je vais essayer de lire sur une tablette cet été !

Concernant mes types de lecture, je pense que j’ai subi les choix discutables des programmes scolaires. Il m’aura fallu quelques années après le bac pour être attiré de nouveau par quelques livres. Je choisis désormais mes livres sur un coup de cœur ou si le sujet n’a pas encore été aspiré par Internet. J’ai par exemple découvert le court récit de Marco Polo – Le Livre des merveilles – après avoir « binge watché » la série Marco Polo sur Netflix. J’avais envie d’aller plus loin que la série tout en retrouvant l’authenticité des récits de ce marchand qui avait séduit Kubilai Khan et son empire par la manière dont il narrait ses voyages.

Y-a-t-il des écrivains classiques qui t’ont particulièrement marqué, ou des classiques qui constituent des livres de chevet ?

Il m’est arrivé de relire aléatoirement quelques poèmes de Baudelaire – Les Fleurs du Mal pour en apprécier l’écriture et l’univers. Je prends plus de plaisir à rentrer dans une histoire. Voltaire est à ce titre l’auteur qui m’a le plus marqué grâce à Candide ou l’optimisme. J’ai apprécié lire son esprit critique et acéré, son ironie et sa philosophie. C’est un des rares livres que j’ai lu 2 fois. Il m’a permis de comprendre le poids des cultures, l’importance du progrès, mais il m’a surtout permis de comprendre qu’il est parfois bon d’avoir un œil nouveau à ses côtés pour changer ses normes.

A l’inverse, y a-t-il des classiques qui te tombent des mains ?

Je dois avouer que j’ai pris peu de plaisir à lire Zola – L’Assommoir. Trop sombre, trop réaliste, peu de place à l’imaginaire. Je n’en ai plus aucun souvenir. A l’époque, je trouvais que ce livre portait très bien son nom.

Tu es à l’origine du Cigar Social Club. Comment as-tu découvert l’univers du cigare ?

Je ne me souviens pas forcément du tout premier cigare, mais cela doit remonter à un réveillon de Saint Sylvestre il y a une dizaine d’années, où le père d’un ami  faisait vieillir quelques Cohiba que nous avions maladroitement fumés comme de simples cigarettes. Maux de ventre garantis ! Depuis cette hasardeuse expérience, j’ai appris le protocole pour allumer un cigare et le fumer selon les règles de l’art. Pour cela, j’ai pu compter sur l’expertise des membres du Cigar Social Club. Cette communauté que j’anime compte parmi ses rangs des passionnés qui sont ravis de transmettre leur passion à une génération sans doute moins familière avec le cigare et qui, surtout, se féminise.

Y-a-t-il des écrivains qui se rapprochent pour toi de l’univers du cigare, soit par une évocation du cigare dans leurs œuvres soit parce qu’eux-mêmes étaient des amateurs ?  

Nous devons à Sigmund Freud de nombreuses citations connues des amateurs de cigare dont la fameuse : « Parfois, un cigare n’est rien d’autre qu’un cigare ».Il ne faut justement pas essayer d’interpréter cette citation, mais Freud fait figure de passionné de cigare qui aura produit de nombreuses allégories autour des volutes. Plus anecdotique, les amateurs de cigares connaissent la marque « Montecristo » qui figure au palmarès des meilleures volutes cubaines. De manière assez inattendue, il s’agit bel et bien d’un clin d’œil au  roman d’Alexandre Dumas Le Comte de Monte-Cristo. En effet, les ouvriers des manufactures cubaines bénéficiaient au 19ème siècle de séances de lectures publiques pour les distraire durant les longues heures de travail. Parmi les lectures favorites des ouvriers figurait Le Comte de Monte-Cristo ce qui inspirera naturellement l’homme d’affaires Alonso Menendez et ses torcedors. Alexandre Dumas aurait même autorisé la fabrique à utiliser ce nom juste avant sa mort.

Pour en savoir plus : http://cigarsocialclub.fr/

[1] Molière, Dom Juan, 1665

Sarah Sauquet

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