Quels agriculteurs de la littérature classique pourraient participer à « L’Amour est dans le pré » ?

L'Amour-est-dans-le-pré-Un-texte-Un-jour

Et nous voilà repartis pour une nouvelle saison de L’Amour est dans le pré, la très célèbre émission de télé-réalité de M6 qui aide les agriculteurs à trouver l’âme sœur ! Chez Un texte Un jour, nous nous sommes demandés quels agriculteurs auraient pu participer à l’émission… Vous n’allez pas être déçus, il y en a pour tous les goûts !

Le gendre idéal : Lévine

Si nous avons déjà évoqué le héros d’Anna Karénine dans un précédent article, il est vrai que Lévine ferait un candidat idéal à L’Amour est dans le pré !

Eternel célibataire, Lévine est un grand romantique qui attend ardemment l’âme sœur ! Faisant fi des moqueries et remarques que lui adresse régulièrement son ami, déjà marié, Stiva Oblonski. Si Lévine a déjà connu quelques désillusions, notre héros ne se décourage jamais dans la quête de l’être aimé. Néanmoins, un petit coup de pouce ne serait pas superflu… Découvrez son histoire et ses multiples qualités ici !

Les deux jumeaux inséparables : Landry et Sylvain 

Chaque saison de L’Amour est dans le pré ou presque met en avant un couple de jumeaux, et la littérature classique n’échappe pas à la règle. La petite Fadette de George Sand met en scène deux jumeaux, deux « bessons » comme ils sont appelés, car vrais jumeaux et parfaitement identiques. Pour les distinguer, rien de plus simple : Sylvain, l’aîné, le premier-né, a une cicatrice en forme de croix sur le bras. Le second s’appelle Landry. Pétri de nombreuses qualités, ce sont des candidats idéaux !

Seul bémol : la jalousie éventuelle de « Sylvinet » serait à craindre si Landry trouvait l’amour avant lui !

« Ils étaient blonds et restèrent blonds toute leur vie. Ils avaient tout à fait bonne mine, de grands yeux bleus, les épaules bien avalées, le corps droit et bien planté, plus de taille et de hardiesse que tous ceux de leur âge, et tous les gens des alentours qui passaient par le bourg de la Cosse s’arrêtaient pour les regarder, pour s’émerveiller de leur retirance, et chacun s’en allait disant : « C’est tout de même une jolie paire de gars. » […]

Au premier moment, on ne faisait point entre eux de différence et on croyait voir un œuf et un œuf. Mais, quand on les avait observés un quart d’heure, on voyait que Landry était une miette plus grand et plus fort, qu’il avait le cheveu un peu plus épais, le nez plus fort et l’œil plus vif. […] En fait, l’un valait l’autre, et si Landry avait une idée de gaieté et de courage de plus que son aîné, Sylvinet était si amiteux et si fin d’esprit qu’on ne pouvait pas l’aimer moins que son cadet. »[1]

Le veuf avec enfant qui cherche à se remarier : Germain

Germain est le héros de La mare au diable de George Sand. C’est un paysan berrychon de 28 ans, veuf et père de trois enfants. Pierre a déjà huit ans, Solange six ans et Sylvain quatre. Si Pierre est autonome et aide son père aux travaux des champs, Solange et Sylvain ont besoin d’une mère. Ce sont les beaux-parents de Germain qui le poussent à participer à l’émission, comme en témoigne son discours à son beau-fils :

« Germain, lui dit un jour son beau-père, il faut pourtant te décider à reprendre femme. Voilà bientôt deux ans que tu es veuf de ma fille, et ton aîné a sept ans. Tu approches de la trentaine, mon garçon, et tu sais que, passé cet âge-là, dans nos pays, un homme est réputé trop vieux pour rentrer en ménage. Tu as trois beaux enfants, et jusqu’ici ils ne nous ont point embarrassés. Ma femme et ma bru les ont soignés de leur mieux, et les ont aimés comme elles le devaient. Voilà Petit-Pierre quasi élevé ; il pique déjà les bœufs assez gentiment ; il est assez sage pour garder les bêtes au pré, et assez fort pour mener les chevaux à l’abreuvoir. Ce n’est donc pas celui-là qui nous gêne : mais les deux autres, que nous aimons pourtant, Dieu le sait, les pauvres innocents ! nous donnent cette année beaucoup de souci. »[2]

Le paysan humilié qui mérite d’être heureux : George Dandin

George Dandin est un riche paysan. Ambitieux, aspirant à une meilleure condition sociale, il a choisi d’épouser Angélique de Sotenville, qui lui a apporté la noblesse. En échange George Dandin a cédé sa fortune à ses beaux-parents. Malheureusement, Angélique ne cesse de tromper George, et ce dernier ne trouve aucun secours auprès de ses beaux-parents, qui prennent un malin plaisir à l’humilier et faire semblant de ne pas entendre les récriminations de leur gendre. George est donc un mari qui gagnerait vraiment à chercher et trouver une autre compagne. Attention, mesdames, c’est un cœur blessé qu’il faudra impérativement ménager !

Alors, sur quel paysan allez-vous jeter votre dévolu ? Gageons en tout cas que nos candidats ne tergiverseront pas dans leur choix. Car, comme le dit Montesquieu : « J’aime les paysans ; ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. »

Vous avez aimé cet article ? Découvrez qui sont les rois et reines du shopping de la littérature classique ! Et qui sont les top chefs de la littérature classique !

Vous souhaitez en savoir plus sur les grandes œuvres de la littérature amoureuse ? Découvrez La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement con, de Sarah Sauquet aux éditions Eyrolles

Illustration : Marcel et Germaine Challaye dans La Vie moderne. Profils paysans 3 (2008) © Raymond Depardon

[1] George Sand, La Petite Fadette, Chapitre II, 1849

[2] George Sand, La Mare au diable, Chapitre III, 1889

Sarah Sauquet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *