Ni avec toi, ni sans toi : l’amour borderline selon Victoria Monfort et Jeff Freza

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Couple à la ville comme sur les planches, Victoria Monfort et Jeff Freza sont les héros de Borderline, jouée chaque week-end au théâtre du Marais à Paris. Cette comédie pétillante, mise en scène par Smaïn et écrite par Jeff, met en scène deux trentenaires qui ne cessent, une heure durant, de repousser les limites du jeu de l’amour et du hasard. Borderline valait bien une interview de nos deux comédiens !

Votre roman d’amour préféré ?

Jeff : sans hésiter un classique, Le Rouge et le Noir, de Stendhal !

Victoria : J’ai lu à une période de ma vie beaucoup de classiques, et de ce fait je me dirige aujourd’hui vers d’autres lectures, j’ai envie d’autre chose. Cet été j’ai été très touchée par deux romans qui comportent chacun une histoire d’amour. Le premier est Sans Véronique, d’Arthur Dreyfus. C’est un récit ancré dans l’air du temps, puisque c’est l’histoire d’un couple de Français moyens proches de la soixantaine. Elle, Véronique, est sur le point de partir en retraite, et pour fêter cette retraite, ses collègues lui offrent un voyage en Tunisie, où elle part seule. Elle se fait tuer lors d’une attaque terroriste sur la plage. Le roman relate le combat de son mari, resté en France, qui souhaite la venger à tout prix. J’aime aussi beaucoup Christophe Ono-Dit-Biot, notamment Plonger, dont l’adaptation sort au cinéma dans un mois. C’est un roman que j’ai adoré, et j’ai donc hâte de voir ce que le film va donner.

Victoria, de quel héros littéraire auriez-vous pu tomber amoureuse ?

C’est une question que je ne me suis jamais posée ! Je n’aurais pas pu tomber amoureuse d’un Julien Sorel, ou d’un héros comme celui-là, qui est pour moi trop opportuniste, dont la séduction est trop calculée. Je préfèrerais tomber amoureuse d’un héros d’aujourd’hui, qui respecte la femme d’aujourd’hui, sa liberté, sa personnalité, ce qu’elle est… Typiquement, j’aurais pu tomber amoureuse de César dans le livre de Christophe Ono-Dit-Biot, ou d’un héros de Joël Dicker, par exemple.

Jeff, de quelle héroïne littéraire auriez-vous pu tomber amoureux ?

Sans aucun doute Juliette. J’aime l’idée de ce personnage qui n’est pas du même statut social que Roméo et pour lequel Roméo va se battre. Sans aller aux extrémités de la pièce de Shakespeare, j’observe autour de moi beaucoup de couples qui se battent pour être ensemble, pour surmonter des obstacles. Je trouve ce combat touchant et beau, et je crois au fait que l’amour est plus fort que tout !

Quel livre offririez-vous pour séduire l’autre ?

Victoria : Un livre qui me plaît. J’offrirais le Dictionnaire amoureux du théâtre, qui est passionnant et regorge d’informations. Mais je pourrais aussi offrir à Jeff, dans un autre style, un livre sur les plus grandes histoires des serial-killers, car c’est un fou de faits divers !

Jeff : L’Alchimiste ou Le Petit Prince ! Je suis sensible au format du conte.

Y-a-t-il des œuvres littéraires qui vous accompagnent dans votre parcours de comédien ?

Jeff : Tout à fait ! Maison d’arrêt, d’Edward Bond, qui est un peu mon livre de chevet. C’est l’histoire d’un homme qui perd sa femme. Sa fille, âgée de seize ans, devient mutique. Il ne le supporte pas et désespère de la faire parler. Un soir, parce qu’elle ne boit pas la tasse de thé qu’il lui a préparée, il la tue. On suit donc le parcours de cet homme, qui va rencontrer une autre femme, mais aussi aller en prison. C’est passionnant, et cette pièce a été un véritable déclic dans mon envie de faire ce métier. Mais j’adore toute l’œuvre d’Edward Bond.

Pour finir, à quel couple du cinéma aimeriez-vous ressembler ?

John Cassavetes et Gena Rowlands !

Pour en savoir plus : Borderline, tous les samedis à 17h30 et les dimanches à 16h au théâtre du Marais

 

 

Sarah Sauquet

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