Quels classiques pour vos enfants ? « La Parure » de Guy de Maupassant

Il est un genre littéraire qui convient à de jeunes lecteurs, et notamment aux plus récalcitrants, il s’agit de la nouvelle ! Récit bref, écrit le plus souvent de manière simple et efficace, la nouvelle voit son intrigue construite sur un temps court, autour d’une intrigue resserrée et d’un petit nombre de protagonistes. La nouvelle s’achève le plus souvent par une chute qui, si elle est réussie, va influer sur le lecteur de manière immédiate et intense. Disant beaucoup en peu de mots, la nouvelle offre un plaisir de lecture important pour un temps de lecture minime !

Genre polymorphe, la nouvelle peut donner lieu à beaucoup de variations. Guy de Maupassant, Prosper Mérimée ou Théophile Gautier ont excellé dans les nouvelles fantastiques ou réalistes.

Arrêtons-nous aujourd’hui sur La Parure, qui est probablement la plus célèbre nouvelle de Maupassant. Elle est si réussie et si cruelle qu’il est quasiment impossible de ne pas l’aimer ! Elle fut publiée en 1885 dans les Contes du jour et de la nuit.

Que raconte La Parure ?

La Parure a pour héroïne Mathilde Loisel, une Parisienne issue d’un milieu modeste. Parce qu’elle est aimantée depuis sa plus tendre enfance par le luxe, Mathilde vit dans une perpétuelle agonie, traquant la médiocrité derrière la simplicité, et le laid derrière le désuet. Belle, Mathilde est très consciente des horizons que sa beauté et sa sophistication auraient pu lui ouvrir dans une autre vie, et elle perçoit comme une profonde injustice l’existence morne et étriquée qui est la sienne.

Un jour, le mari de Mathilde, « petit commis du Ministère de l’instruction publique » incapable de mesurer ni de comprendre le mal-être de son épouse, reçoit une invitation pour un bal au Ministère. La jeune épouse, bien décidée à briller lors de cette occasion exceptionnelle, se rend chez mon amie Mme Forestier. Celle-ci lui prête une somptueuse parure de diamants pour l’occasion. Mais se frayer un chemin chez les heureux du monde implique d’avoir les reins plus solides qu’il n’y paraît…

Pourquoi ce livre ?

Il m’est difficile de vous en dire beaucoup plus sans déflorer le retournement de situation qui s’opère, dans la deuxième partie du récit. Quoi qu’il en soit, son dénouement magistral, inattendu, et aussi puissant qu’il est bref, nous laisse absolument sans voix ! Un immense plaisir de lecture, à chaque fois renouvelé, et je recommande cette nouvelle les yeux fermés.

À partir de quel âge ?

Dès la cinquième pour de bons lecteurs, idéal dès la classe de quatrième.

© La réponse embarrassante, Gustave-Léonard de Jonghe (1829-1893)

Vous souhaitez télécharger lire un extrait de La Parure, et d’autres textes de Maupassant ? Téléchargez l’application Un texte Un jour !

 

 

 

 

 

Quels classiques pour vos enfants ? « Ils étaient dix », « Le Crime de l’Orient-Express » et « Mort sur le Nil » d’Agatha Christie

Il m’arrive, chaque année, de croiser des collégiens et lycéens qui n’ont jamais lu Ils étaient dix d’Agatha Christie, et j’en suis  toujours étonnée. Persuadée que Ils étaient dix est un incontournable, un chef-d’œuvre absolu du roman policier, il m’apparaît comme une lecture idéale dès la classe de sixième. Il s’agit d’un roman court, accessible, au suspense très bien mené, dans lequel il est extrêmement facile de rentrer et qu’on ne lâche plus. Il fait consensus auprès des élèves qui l’ont lu, et constitue une introduction idéale au genre du roman policier, que l’on étudie souvent au collège.

Je vous présenterai donc, dans cet article, trois romans d’Agatha Christie, Ils étaient dix, Le Crime de l’Orient-Express et Mort sur le Nil.

Ils étaient dix (Dix Petits Nègres), 1939

Roman le plus célèbre d’Agatha Christie, Ils étaient dix met en scène dix personnages qui ne se connaissent ni d’Ève ni d’Adam et se retrouvent tous sur l’île du Nègre, dans le Devon, invités par M. et Mme Owen, qu’ils n’ont jamais rencontrés. Le début du roman présente chacun des protagonistes de façon individuelle, séparée, et Agatha Christie excelle dans le portrait psychologique de chacune de ces personnalités, qui peinent à se remémorer leurs lien avec celui ou celle qui les a invités.

Il y a là l’intranquille Véra Elisabeth Claythorne, les austères Emily Brent et Lawrence John Wargrave, l’inconséquent Anthony Marston, l’impulsif Philip Lombard, etc. Ils sont dix. La demeure qui les accueille est grande, luxueuse, et dans chacune des chambres se trouve au mur une comptine, celle des Dix Petits Nègres, qui disparaissent les uns après les autres.

Le premier soir, les dix convives se retrouvent à dîner et s’étonnent de l’absence de leurs hôtes. C’est alors que, dans la salle à manger, une voix retentit émanant d’un tourne-disque. Les invités, ainsi que les domestiques, sont accusés d’un crime. Tous sont amenés à révéler qui ils sont, et le motif de leur présence sur l’île. C’est alors que l’un d’entre eux décède subitement, comme dans la première phrase de la comptine : « Dix Petits Nègres s’en allèrent dîner. L’un d’eux étouffa et il n’en resta plus que Neuf ».

Le roman se transforme en un étouffant huis clos, d’autant plus fascinant qu’il a pour décor la nature sauvage du Devon.

Le Crime de l’Orient-Express, 1934

Pourquoi ce titre ?

Roman à l’intrigue cosmopolite et aux allures de pièces de théâtre, Le Crime de l’Orient-Express est plus exigeant que Dix Petits Nègres. Il joue avec la chronologie et repose sur des personnages complexes, qui à la fois incarnent et dépassent les stéréotypes qui leur ont été attribués. C’est un roman passionnant, au dénouement étonnant, qui dépasse les enjeux d’un « simple » roman policier pour nous offrir un vrai message de paix et de fraternité.

© Le Crime de l’Orient-Express, Kenneth Branagh, 2017

L’intrigue

Hercule Poirot, détective belge, vient de passer plusieurs jours en Syrie. Sommé de rentrer à Londres pour une affaire de la plus haute importance, Hercule Poirot tente de réserver un billet à bord de l’Orient-Express. Toutes les places sont réservées, ce qui est extrêmement inhabituel, mais Poirot réussit tout de même à obtenir une place grâce à un vieil ami. Le détective s’apprête donc à passer plusieurs jours dans ce fameux train, à bord duquel il pourra apprécier les plaisirs et le luxe des voyages ferroviaires, mais aussi subir les inconvénients qui en découlent. Le train est effectivement bondé et peuplé de passagers aux nationalités et profils très variés. Après une nuit très agitée, où le train était immobilisé – les neiges yougoslaves ont contraint l’Orient-Express à s’arrêter – on découvre le cadavre d’un Américain lardé de douze coups de couteau. Cet homme s’appelle Samuel Ratchett, et on confie vite l’affaire à Poirot. L’intrigue va s’avérer passionnante pour le détective belge car l’assassin n’a pas pu intervenir de l’extérieur : voilà donc un véritable huis clos…

Mort sur le Nil, 1937

Pourquoi ce titre ?

Alors que Dix Petits Nègres et Le Crime de l’Orient-Express s’inscrivent dans des ambiances aux couleurs résolument froides, Mort sur le Nil est un roman presque chaud et lumineux, qui aurait la morsure d’un soleil estival. Si sa structure me paraît moins complexe que celle du crime de l’Orient-Express, son intrigue repose sur un triangle amoureux dont tous les enjeux psychologiques pourraient échapper aux plus jeunes. Il est presque émouvant dans son évocation  du sentiment amoureux, et il offre de très beaux portraits de femmes.

© Mort sur le Nil, John Guillermin, 1978

L’intrigue

Les principaux protagonistes de Mort sur le Nil sont Linnet Ridgeway, Simon Doyle et Jacqueline de Bellefort. Linnet Ridgeway est une riche héritière qui a tout pour elle. Sa plus vieille amie est Jacqueline de Bellefort, une fantasque et attachante jeune femme à qui la vie ne sourit pas autant qu’à Linnet. Bien que déséquilibrée et empreinte de paternalisme, leur amitié n’en demeure pas moins solide.

Tout bascule le jour où Linnet pique à Jacqueline son fiancé, et choisit de l’épouser. Linnet et Simon partent en voyages de noces en Égypte où ils sont suivis et harcelés par Jacqueline. Linnet et Simon rencontrent Hercule Poirot. Linnet se plaint auprès du détective privé d’être harcelé par Jacqueline, mais ce dernier lui conseille de répondre de ses actes, pressentant une issue dramatique à ce drame amoureux. Alors que le voyage se poursuit sur le Nil, à bord du bateau à vapeur S.S. Karnak…, Linnet est retrouvée assassinée. Mais Jacqueline a un alibi inattaquable…

Vous souhaitez relire des extraits de Ils étaient dix et Mort sur le Nil ? Téléchargez notre application Un Texte Une Femme ou découvrez notre anthologie Un texte Une femme, La littérature au féminin en 365 jours.

Vous recherchez d’autres conseils pour vos enfants ? Découvrez notre article consacré à La Gloire de mon père et au Château de ma mère de Marcel Pagnol.

© Ils étaient dix, Sarah Phelps, 2015

© Le Crime de l’Orient-Express, Kenneth Branagh, 2017

© Mort sur le Nil, John Guillermin, 1978