Deux mariages et un enterrement : Héloïse Dubuc ou qui est la première épouse de Charles Bovary ?

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Vous ne le savez peut-être pas, mais Emma Rouault n’est pas la première épouse de notre « Charbovary » national !

Charles Bovary, le fils à sa môman

Un des plus grands drames de Charles Bovary est probablement celui d’avoir été sous la coupe de parents n’ayant fait pour lui que de mauvais choix ! Après avoir couvé cet enfant tel le lait sur le feu et l’avoir affublé d’horribles casquettes, M. et Mme Bovary, persuadés d’avoir enfanté un génie, retirent Charles du lycée, avec le projet qu’il suive par lui-même ses études de médecine.

C’est bien sûr un échec total. Charles, peu à peu, délaisse ses cours, découvre les joies du cabaret et rate l’examen d’officier de santé, qui n’a rien à voir avec la difficulté des études de médecine. Il obtiendra son examen cinq ans plus tard, et décidera alors de s’installer à Tostes, dans la campagne normande. Mais, comme le raconte le narrateur, « ce n’était pas tout que d’avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l’exercer : il lui fallait une femme. »[1]

Héloïse, la vieille bique…

Mme Bovary lui en trouve une : Héloïse Dubuc, quarante-cinq ans, veuve et rentière. Le mariage n’est bien sûr pas heureux. Après avoir été sous la coupe de sa mère, Charles est lamentablement soumis à son épouse. Héloïse est une véritable perverse narcissique qui lit son courrier, espionne ses consultations, surveille son alimentation et ses tenues. Et l’humilie. Comme le petit garçon pris en faute qu’il n’a jamais cessé d’être, Charles encaisse, et ne dit rien.

…doublée d’une grosse mytho

Lorsqu’il rencontre Emma Rouault, c’est un nouveau monde qui s’ouvre à Charles et ce dernier passe sa vie aux Bertaux, la ferme des Rouault. Très vite Mme Bovary mère s’inquiète. C’est alors qu’un Deus ex Machina survient : la veuve Dubuc a menti, la vieille carne se révèle criblée de dettes ! Une violente dispute entre les deux époux éclate, et huit jours après, comme par miracle, Madame se meurt, Madame est morte.

Charles enfin libre, mais néanmoins malheureux (« Elle l’avait aimé, après tout. »[2]) attend beaucoup de son union avec Emma, auprès de laquelle il espère découvrir les joies de la félicité conjugale.

Tu parles, Charles ! Emma aura besoin d’être prise, et Charles ne l’aura jamais comprise !

[1] Gustave Flaubert, Madame Bovary, Première partie, 1857

[2] Gustave Flaubert, Madame Bovary, Première partie, 1857

[2]

Illustration : Kristin Scott Thomas et Hugh Grant dans le film Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell, 1994

 

Sarah Sauquet

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