L’application « Un texte Un jour »

Il arrive que nos utilisateurs soient perdus dans le dédale des options proposées par Un texte Un jour. Petite mise au point si nécessaire !

Qu’est-ce qu’Un texte Un jour ?

Un texte Un jour est une application de littérature classique, disponible sous IOS, Android et Windows, que l’on peut consulter sur smartphone et tablette. Elle a été créée par une mère et sa fille, l’une ingénieure, et l’autre, professeur de lettres en lycée.  Un texte Un jour est avant tout une anthologie littéraire : l’application vous permet de recevoir chaque jour un texte de littérature classique ; mais aussi de tester vos connaissances. Plus de 2000 questions vous sont proposées, classées à la fois par thèmes et par niveaux.

Comment télécharger l’application ?

Si vous êtes sur iPhone ou iPad, cliquez sur ce lien.

Si vous êtes sur Android, cliquez sur ce lien.

Combien y a-t-il de textes au sein de l’application ?

Près de 600 : il y a d’abord 366 textes, ce qui équivaut à un texte par jour, année bissextile comprise. L’option « Cette semaine », accessible en cliquant sur « Plus de textes », vous donne accès à plusieurs textes supplémentaires par semaine. Ces textes sont très variés et donnent une toute autre dimension à l’application.

Quels textes et auteurs y trouvons-nous ? Pourquoi ne trouve-t-on pas d’auteurs récents, ni de poètes comme Aragon ou Desnos ?

Tous les textes qui figurent au sein de l’application sont tombés dans le domaine public. Nous ne pouvons donc y faire figurer d’auteurs décédés après 1951, conformément à la loi en vigueur.

En revanche, vous y trouvez des textes de littérature étrangère (Shakespeare, Cervantès, Henry James, Mary Shelley, Edith Wharton, etc.) dans des traductions libres de droit. Vous y trouverez également des textes que nous ont transmis certains musées et Maisons des Illustres.

Comment accéder à tous ces textes ?

Il vous suffit d’aller dans l’onglet « Plus de textes », et de renseigner les différentes catégories (auteur/époque/genre/reçu le).

Si vous êtes sous IOS il vous faut faire un achat intégré (0,89 euro) pour accéder à cette option. Sous Android, vous avez directement accès à l’option.

Pour accéder aux textes supplémentaires que nous rajoutons, il faudra aller dans « Plus de textes » puis dans « Cette semaine ». Il faudra faire un nouvel achat intégré sur IOS, et l’option est directement accessible sur Android.

Faut-il payer de nouveau pour accéder à de nouveaux textes ?

Une fois que vous avez acheté l’application sous Android, ou acheté l’option sous IOS, vous n’avez plus à payer. Vous accèderez à tous les textes. Il s’agit d’achats et non d’abonnements.

Comment garder un texte que l’on a aimé ?

Il vous suffit de cliquer sur le logo « cœur » en haut à droite du texte.

Comment envoyer par mail à un ami le texte que l’on a aimé ?

Il vous suffit de cliquer sur le logo « enveloppe » en haut à droite du texte.

Où retrouver les textes que l’on a sauvegardés ?

Il vous suffit d’aller dans « Favoris ».

Qu’est-ce que le défi du jour ?

Chaque jour vous est proposé une question qui porte sur le texte du lendemain. Vous aurez la réponse à la question posée le lendemain.

Comment accéder au jeu du portrait caché ?

Il vous suffit d’aller dans « Jouer » et de renseigner les différents critères proposés : littérature/écrivain à découvrir/niveau/nombre de questions. Vous trouverez près de 2000 questions au sein de l’application, classées par thèmes et niveaux.

A quelles questions pouvons-nous jouer dans le jeu du portrait caché ?

Il y a trois types de questions :

  • Les questions de littérature classique
  • Les questions de littérature des XXe et XXIe siècles
  • un lot de 500 questions

Que signifie l’onglet « écrivain à découvrir » ?

Le jeu du portrait caché se présente sous la forme d’une grille. La grille est divisée en cases, ces cases correspondant à un nombre de questions que vous avez préalablement choisis (6,16 ou 42). Derrière ces cases se découvre, au fur et à mesure de vos bonnes réponses, le portrait d’un écrivain. A vous de choisir si vous souhaitez découvrir le portrait d’un écrivain français ou anglo-saxon.

Pourquoi l’application n’est-elle pas entièrement gratuite ?

Que ce soit sur le plan de la technique, du contenu, ou de la communication, l’application Un texte Un jour exige, comme nos autres applications, un travail colossal. Ce travail est mené à bien par deux personnes uniquement, Sarah et Dominique. Si vous souhaitez qu’Un texte Un jour continue à vivre, nous avons besoin d’être un minimum soutenues.

Que faire si vous aimez Un texte Un jour et souhaitez nous soutenir ?

  • Si vous êtes sous IOS, n’hésitez pas à aller dans « Nous soutenir » et à nous aider financièrement.
  • N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, sur Twitter et Facebook

 

Drôle d’endroit pour une rencontre : les classiques de Sylvie Germain

« A travers les questions posées à partir des textes des auteurs classiques, j’ai découvert une formidable dynamique de la pensée »

 Sylvie Germain, c’est une voix étonnamment singulière, précise, et qui se réinvente à chaque nouvelle publication, et qui m’accompagne depuis plusieurs années désormais, du Le Livre des nuits en passant par Magnus.  Rencontrée il y a quelques mois dans un bus parisien, Sylvie Germain avait accepté ma proposition d’interview. Sa pièce Economie d’énergie, avec Sam Karmann et Cristiana Réali sera à l’affiche de la sixième édition du festival Le Paris des Femmes, dimanche 8 janvier 2017. Sixième édition dont le thème est « Scandale ».

Sylvie Germain, êtes-vous issue d’une famille de lecteurs ? Comment l’écriture, la littérature et la philosophie se sont-elles imposées à vous ?

Mon père était un grand lecteur, mais pas de romans, plutôt d’ouvrages scientifiques, historiques, politiques et philosophiques. Ma mère lisait surtout des livres d’histoire, sa passion. J’ai peu lu jusqu’à l’adolescence ; mon intérêt pour la lecture est donc venu assez tard (fin du lycée), du moins a-t-il été long à mûrir. Mais une fois en place, le goût de lire est demeuré très vif, et j’apprécie autant les « classiques » (de littérature française et étrangère) que des œuvres contemporaines. Quant à l’intérêt pour la philosophie, je l’ai découvert en terminale, au fil des cours de philo. A travers les questions posées à partir des textes des auteurs classiques, j’ai découvert une formidable dynamique de la pensée : aucune réponse ne suffit à clore les questions fondamentales. D’où la poursuite de la lecture, et de l’écriture…

Y-a-t-il des classiques qui constituent vos livres de chevet ?

Je n’ai pas de « livres de chevet » à proprement parler, mais je reviens souvent à certains textes: essentiellement de la poésie (Rilke, Saint-John Perse, Verlaine, Rimbaud, Celan…)

La fréquentation d’Emmanuel Lévinas, ou de différentes œuvres ou auteurs, a-t-elle pu vous paralyser lorsque vous vous êtes lancée dans l’écriture ?

Toute « grande œuvre » est imposante, et intimidante, mais je ne ressens pas cette puissance comme paralysante, plutôt comme une stimulation. Car il ne s’agit pas du tout de prétendre se hausser au niveau des grands auteurs, de vouloir se comparer à eux, ce serait dérisoire. On écrit toujours en écho/dialogue/questionnement… à et avec d’autres auteurs.

Vous avez écrit plusieurs romans dépeignant des atmosphères rurales ou historiques comme Le Livre des nuits ou Jours de colère. Comment en êtes-vous venue à ce type d’œuvres ?

Je n’ai pas de réponse précise à cette question, je ne cherche jamais le « pourquoi » des thèmes, idées, images qui me viennent à l’esprit, s’y imposent et finissent par me donner envie de me lancer dans l’écriture d’un nouveau roman. Ça ne m’intéresse guère de savoir d’où me vient l’inspiration (de quelle strate de la mémoire, de quel recoin de l’inconscient, de quels plis et replis de l’imaginaire…), ce qui m’importe, c’est que cela prenne forme, cohérence (même en passant par la voie d’un certain fantastique parfois), et fasse un peu de sens.

Vous avez vécu et travaillé à Prague entre 1986 et 1993 et cette expérience vous a d’ailleurs inspiré le roman Immensités. Comment la culture française était-elle perçue à cette époque dans le contexte politico-culturel que l’on connaît ?

Dans le milieu que je fréquentais – celui de la dissidence -, les gens avaient une grande curiosité pour toute culture étrangère, dont l’accès était souvent difficile (très peu de traductions, et certains livres frappés d’interdit, donc non publiés ou retirés du circuit éditorial.) Beaucoup de textes circulaient en samizdats.                                     

La culture française était très appréciée, tant en philosophie, qu’en littérature et en poésie. Après 89, la curiosité s’est diversifiée, et dans le flot de publications qui a alors eu lieu, la qualité n’a pas toujours eu l’avantage… Quant à la littérature et à la langue française (et idem pour d’autres littératures et langues européennes), elles ont été assez abandonnées au profit de l’anglais et de la littérature américaine, comme un peu partout.

Vous avez reçu le prix Goncourt des lycéens pour Magnus en 2005. Comment analysez-vous la façon dont la littérature est aujourd’hui enseignée et envisagée par les lycéens ? A quelles attentes répondait Magnus selon vous ?

N’étant pas professeur de lycée, il m’est difficile de juger la façon dont la littérature est actuellement enseignée, et appréhendée par les élèves. Je crois que la qualité – humaine et pédagogique – de chaque enseignant est le plus important. Lors de rencontres avec des lycéens, dans des établissements très différents, j’ai pu apprécier le travail remarquable accompli par les professeur(e)s, et parfois aussi des documentalistes et/ou bibliothécaires qui avaient préparé leurs élèves, avaient su les motiver, éveiller leur curiosité, et leur esprit critique. Tout professeur qui s’investit dans son métier, qui aime vraiment la matière qu’il enseigne et prend à cœur l’importance de la transmission – de connaissances mais aussi de sa propre passion -, a des chances d’obtenir de beaux résultats (non pas en terme de notes, mais d’intérêt suscité chez les élèves).

Après l’obtention du prix des lycéens pour mon roman Magnus, j’ai été invitée dans des classes diverses (littéraires, scientifiques, techniques, professionnelles), et j’ai remarqué que ce qui avait le plus touché les lycéens c’était le thème de l’identité, de la quête (longue, difficile) de son identité par le personnage principal, car c’est là une question très sensible chez les adolescents.

 Illustration : Sylvie Germain © Tadeusz Kluba

NB : un « samizdat » désigne la « diffusion clandestine d’écrits censurés dans les pays d’Europe de l’Est sous les régimes communistes. »

Economie d’énergie de Sylvie Germain, dimanche 08 janvier 2017 au festival du Paris des Femmes