20 signes que vous adorez Alexandre Dumas

 

  1. Vous avez un intérêt certain pour la cuisine et avez fait du Grand dictionnaire de cuisine votre livre de chevet.

 

  1. Vous savez que le roman La reine Margot est centré sur l’amitié entre le catholique Coconas et le huguenot La Môle et que Marguerite de Valois n’est qu’un personnage secondaire.

 

  1. Vous vous méfiez des triumvirats (comme celui formé par Gaspard Caderousse, Fernand Mondego et Gérard de Villefort) mais appréciez les quatuors (en hommage aux Trois Mousquetaires).

 

  1. Chaque femme à la fenêtre vous fait penser à Mercédès attendant Edmond.

 

  1. Vous savez que le vicomte de Bragelonne s’appelle « Raoul » et Aramis « René ».

 

  1. Au lycée, vous aviez de mauvaises notes en histoire puisque vous racontiez les faits sans les analyser.

 

  1. Vous appréciez les cigares et avez un faible pour la marque Montecristo.

 

  1. Marseille est pour vous la ville de tous les possibles et il vous est impossible d’y passer sans vous rendre au château d’If.

 

  1. Vous savez que la roue tourne et croyez au karma.

 

  1. Vous arborez toujours un sourire gêné lorsque l’on vous parle de « nègres littéraires ».

 

  1. Le 28 rue La Fontaine, à Paris, est, pour vous, tout sauf une adresse tranquille, et vous ne pouvez traverser la ville de Meung sans être saisi par l’émotion.

 

  1. Comme Alexandre Dumas, vous avez pour devise « J’aime qui m’aime ».

 

  1. Vous avez une tendresse pour les chevaux jaunes.

 

  1. Vous savez que Mathias Sandorf est une relecture du Comte de Monte-Cristo.

 

  1. Vous connaissez toutes les adaptations cinématographiques de l’œuvre d’Alexandre Dumas.

 

  1. Comme Dumas le fait dans son récit de voyage Le Corricolo, vous adorez la pizza et êtes intarissable sur le sujet.

 

  1. Vous ne confondez jamais le père et le fils d’une même famille.

 

  1. « Petit sanglier » est le surnom dont vous affublez vos cousins béarnais mal dégrossis.

 

  1. Dans vos rêves les plus fous, vous vivriez dans un château en compagnie de vautours, singes et perroquets.

 

  1. Vous adorez ce trait d’esprit : « Mais très certainement, mon père était mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père un singe. Vous voyez Monsieur, ma famille commence là où la vôtre finit. »

 

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« Issi on est à Mee-ah-meequoâ ! » : « Bloody Miami » de Tom Wolfe

En 2013 paraissait Bloody Miami de Tom Wolfe…. Petite chronique en forme d’hommage…

 

Si les années 80-90  ont écrit la légende dorée de Miami, au son de Gloria Estefan  (qui aurait oublié l’entêtant Conga  ? ) et sur fond d’étoffe Versace, entre  un épisode de Deux flics à Miami et un extrait de Scarface ; la cité floridienne n’est plus tout à fait ce qu’elle était, et il fallait bien qu’un jour ou l’autre un des grands écrivains américains de notre époque s’attaque à cette métamorphose, et interroge le mythe qu’a pu être et est encore aujourd’hui la ville de Miami. Insidieusement, la jeune fille insolente et festive s’est tranformée, avec les années, en une jeune femme cultivée, à la manucure et au corps toujours parfaits, je vous rassure, mais devant faire  face à des démons qu’elle croyait enfouis. Car rappelons-le, avant d’être pacifiée, celle qu’on appelait « la salle d’attente de Dieu » était tiraillée entre l’immigration cubaine, les cartels de la drogue et les parrains de la pègre.

C’est donc dans un décor flamboyant et culturellement chargé, que Tom Wolfe place l’intrigue de son dernier roman Bloody Miami.

Tout commence de façon abrupte, par un crêpage de chignons entre deux jeunes femmes, entre deux mondes, entre une WASP (« PARLE ANGLAIS, CONNASSE ! TU EN EN AMERIQUE MAINTENANT ! PARLE ANGLAIS ! ») et une Cubaine (« No, miamalhabladaputagorda, issi on est à Mee-ah-meequoâ ! Tu es à Mee-ah-meequoâ ! »), qui semblent jouer leur vie autour de « ce qui était devenu un lieu géographique presque mythique : une place de parking. » Un western pour une place de parking, un western pour garder sa place au restaurant, et surtout pour parler anglais, quand tout appelle à parler espagnol. En quelques lignes, l’auteur du Bûcher des vanités nous résume son héroïne. Miami est, pour paraphraser Agrippa d’Aubigné, une mère affligée, entre ses aînés américains, et ses cadets cubains.

Tom Wolfe nous invite donc à suivre un de ces cadets, le véritable héros du roman, Nestor Camaro, et sans nul doute le personnage le plus attachant de ce récit. Nestor (ou « Nis-ter »comme le prononcent les Americanos, au grand désespoir du jeune homme) est un flic cubain habitant de Hialeah, quartier cubain de Miami. Pour avoir obéi aux ordres de ses supérieurs et sauvé de la noyade un immigrant clandestin, aux yeux de tout Miami, Nestor, lui-même enfant d’immigrés, se retrouve ostracisé par sa famille, par la communauté cubaine de Miami, et dans le même tempsquitté par sa petite amie Magdalena, ravissante – mais idiote- infirmière qui a besoin d’un dictionnaire, comme d’autres ont besoin d’un GPS, et qui croit bien faire en lui préférant un psychiatre spécialisé dans l’addiction à la pornographie – vous me voyez sûrement venir, car, que serait un roman de Tom Wolfe sans scènes d’orgies  ?

Nous suivons donc la descente aux enfers, et l’évolution de Nestor ; celle de sa petite amie Magdalena, qui jugera, mais un peu trop tard, que l’on ne l’y prendrait plus, celles d’un journaliste aux dents longues, d’un professeur de littérature haïtien, d’un rédacteur en chef dépassé par un Miami qu’il semble chaque jour redécouvrir, d’un chef de la police incompris du maire d’une ville qu’il chérit. De truands russes qui semblent rire à la barbe et au nez de tous, et qui seraient les seuls à avoir vraiment compris cette ville qu’est Miami. Des masques tombent, le mascara coule et les illusions s’effritent. Et partout, de façon insidieuse, la question de l’identité, la question de l’identité américaine et de l’identité cubaine. Que signifie « habiter à Miami »? Que signifie d’être métis et de vouloir passer pour blanc ? Peut-on habiter à Miami et se revendiquer exclusivement cubain ?

Ce sont toutes ces questions, et bien d’autres encore, que posent le roman de Tom Wolfe. Beaucoup pourront être agacés par la longueur de ce roman (610 pages), par son aspect éminemment inégal; mais c’est un roman drôle (les femmes en prennent pour leur grade) percutant, et qui a même l’audace et la capacité d’évoquer la Danse de la fée Dragée, deCasse-Noisette, par de simples onomatopées (« plingplingplingplingpling ») !!

Enfin, sous des airs désinvoltes, derrière l’inévitable ode à la pornographie (il faut lire l’hallucinante scène se déroulant sur Fisher Island) Bloody Miami (ou Back to Blood en anglais) est un chant d’amour tentaculaire, à une ville tentaculaire. Tom Wolfe, met en scène une ville de quinze printemps que l’on aurait décorsetée, une ville à la fois raffinée et vulgaire, fleur aux mille pétales à l’impossible unité, ville aux cent yachts et bateaux, pareille à une vertigineuse et orgueilleuse Babel.Une ville dans laquelle la chaleur brûle les rues au napalm et transforme les îles en mondes interlopes, en cavités humides gorgées de désir.

Car c’est elle, cette superbe, l’héroïne de Bloody Miami.

Tom Wolfe, Bloody Miami, traduit de l’anglais par Odile Demange, éd. Robert Laffont, coll. Pavillons, 616 pages, 2013